Les Bonnes Jean Genet Analyse

Les Bonnes Jean Genet Analyse


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Les Bonnes de Madame, deux soeurs, se livrent à un jeu de rôle criminel où elles deviennent Madame, à tour de rôle, pour le pouvoir, déjà, et pour pouvoir se haïr. Se haïr l'une l'autre, se haïr soi-même, sans oublier d'haïr Madame, évidemment. Animées par l'envie, elles volent les gestes de Madame, elle se vengent, ces Erinyes infernales, de leur orgueil blessé. Elles n'acceptent plus leur condition, d'être bonnes, alors elles deviennent mauvaises … Cependant, elles l'adorent, Madame, elles l'aiment. Elles lui vouent un culte, un vrai. Elles l'idolâtrent : « Votre poitrine … d'ivoire ! Vos cuisses … d'or ! Vos pieds … d'ambre ! » (p.28) C'est une passion criminelle qu'elles ont pour elle. Elles la comparent à une Marie-Madeleine fantasmée, et c'est « le luxe d'être une prostituée de haut vol, une hétaïre.» Elles la comparent à la Vierge Marie, aussi. « Je suis une Vierge plus belle, Claire » et l'armoire qui préserve les robes de Madame du regard devient un tabernacle. Les bonnes sont dévouées à Madame, et oui c'est de la dévotion, mais véritable. Madame est bonne, elle a de la bonté envers elles ( elle lègue à ses servantes ses vieilles robes dans un élan de générosité, et je souligne "vieilles"). Quand Madame est bonne, elle devient une bonne dans l'esprit des bonnes, comme elles quoi. Madame, c'est une déesse sacrée, profanée. Elles l'avilissent comme elles peuvent, en lui prêtant les mots qu'elles veulent bien lui prêter (dans un élan de générosité et oui, c'est ironique) lors de la « cérémonie ». Alors que les soeurs se mettent à nu – l'une d'elles commence la pièce en sous-vêtements - elles se déguisent avec les robes de Madame (la noire, c'est pour elles, « [l]a robe blanche est le deuil des reines » (p.21), la rouge, c'est la criminelle, la passionnelle. Madame, jouée par l'une des bonnes ordonne : « Disposez la traîne, traînée ». (p.25) mais « N'essayez pas de me ligoter ». (p.22) C'est un mépris absolu et les insultes qu'elles se lancent, c'est ce qu'elles s'adressent à elles-même. On va jusqu'à se gifler, jusqu'à se « cracher à la face ». Les fluides qui viennent de la cuisine, cette tisane - l'arme du crime - ou ces crachats, ou ces objets qui n'ont pas de place dans le salon (parce qu'ils viennent de la cuisine), comme le réveil, les gants de caoutchouc, incommodent Madame. L'odeur des servantes incommode Madame, autant dire que c'est leur présence qui l'incommode, en vérité. C'est assez poétique d'ailleurs la manière dont Genet parle de ses crachats, des« voiles de votre salive. Par la brume de vos marécages » (p.17) « Mon jet de salive, c'est mon aigrette de diamants » (p.41)Ce qu'elles reprochent à Madame, je crois que c'est ce « vous ». Elles doivent de la déférence à Madame, du respect mais elles ne se sentent pas respectées, elles. Madame les confond. Madame bafoue leur identité, en se trompant de prénom quand elles les appelle. Madame prend ses distances vis-à-vis d'elles. Ce « vous » fait qu'elles se sentent seules, solitaires, parce que c'est une adresse impersonnelle, non individuelle, et elles deviennent plurielles, et elles se livrent à ce jeu de rôle, de personnalités multiples. Oui, « cela nous tue » (p.33)Cette pièce, c'est dans doute mieux de la voir sur scène avant de découvrir le texte. En effet, dans le texte, on a le nom des personnages qui parlent, ce qui fait qu'on sait dès le début que c'est Claire et Solange qui parlent, et non véritablement Madame. le jeu de rôle est apparent. Alors qu'au théâtre, on ne sait qu'à posteriori que le début n'est qu'un jeu, une représentation. C'est bien l'avantage de la représentation de créer l'illusion. Les préparatifs prennent du temps au début, et le crime reste inachevé dans la première scène, on s'étonne sans doute de ce meurtre qui est joué dès le début, j'imagine, puis tout s'éclaire lorsqu'on comprend que les rôles ne sont pas ce qu'ils sont. Il y a un retournement de situation, les rôles s'interchangent, et on comprend peu à peu. On découvre que Madame n'est pas Madame mais Claire , et que Claire n'est pas Claire mais Solange ( et Madame n'étant pas de la partie, personne n'est Solange, parce que personne ne joue Solange). C'est bien une crise de l'identité cette pièce. Solange, à la fin, proclame son nom, haut et fort . Il s'agit de s'affirmer.Comment jouer « Les Bonnes » ?   Comment s'effacer – quand on est une bonne ? Comment faire preuve de discrétion ? Et comment prépare-t-on un meurtre en toute discrétion ? « Chaque geste suspendra les actrices ». Genet préconise un « jeu un peu titubant » , comme une hésitation, comme une exaltation. Les Bonnes sont ivres de sang. Ainsi, « [l]e moindre geste te paraît un geste d'assassin » (p.40)

Les Bonnes, Genet - Commentaire de texte - BAC de français

Elles peuvent ainsi purger leurs passions, faire ressortir leur haine. Elles mettent en jeu toutes les humiliations subies par Madame. Genet donne ici la parole aux faibles, qui peuvent rarement parler. La pièce étudie les relations entre faibles et puissants, inférieurs et supérieurs. Genet analyse les liens entre bonnes et maîtresses. Il montre aussi comme la place sociale des sœurs finit par avoir des répercussions sur leurs relations. Elles deviennent agressives.[/has_googlemeta5][has_googlemeta6]. Les Bonnes de Jean Genet est une œuvre qui semble s'inspirer d'un fait divers des années 1940 (l'auteur le nia) : deux bonnes avaient assassiné leurs patronnes dans une maison parisienne. . Les Bonnes est une pièce de théâtre écrite après la fin de la Seconde Guerre mondiale par Jean Genet. À la fois poète, écrivain et dramaturge (auteur de pièces de théâtre), Jean Genet est principalement connu pour avoir écrit sur des sujets délicats, comme l'érotisme ou l'homosexualité. La pièce appartient au théâtre de l'absurde.

Lecture linéaire scène d'exposition Les Bonnes de Jean Genet

Lecture Analytique Les Bonnes de Jean Genet Commentaire de texte: Lecture Analytique Les Bonnes de Jean Genet. Recherche parmi 244 000+ dissertations. Par . mmll • 5 Juin 2016 • Commentaire de texte • 1 657 Mots (7 Pages) • 46 320 Vues. Page 1 sur 7. Séquence 2 : Lecture Analytique n°1 de Les Bonnes de « Solange, doucement d'abord…. » à « et tu n'as pas pu aller jusqu'au. Poète romancier et dramaturge français. Enfant de l'assistance public. A 10 ans il est retiré de sa famille d'accueil pour vol, il est alors interné dans une colonie pénitentiaire. Le miracle de la rose : 1947 romans. Le condamné a mort : 1942 homos. Regrette le conformisme met en valeur l'idée condamné par la société.. Lecture linéaire Les Bonnes de Jean Genet scène d'exposition. Du début de la pièce jusqu'à « jamais je n'ai ». Le texte qui fait l'objet de notre étude est la scène d'exposition des Bonnes de Jean Genet. Ecrite en 1947, cette pièce de théâtre tragique révèle combien les personnages, deux bonnes qui sont sœurs, se sentent emprisonnées dans leur condition sociale et ne pourront s'en délivrer que par un geste fatal puisque le tilleul apporté par Solange se . Les Bonnes, Genet, commentaire, « Disposez mes toilettes (…) mais, jamais je n'ai » ‭ ‬ Claire‭, ‬Solange. La chambre de Madame‭. ‬Meubles Louis XV‭. ‬Au fond‭, ‬une fenêtre ouverte sur la façade de l'immeuble en face‭. ‬A droite‭, ‬le lit‭. ‬A gauche‭, ‬une porte et une commode‭. ‬Des fleurs‭ ‬à‭ ‬profusion‭. ‬C'est le soir

Les Bonnes (Jean Genet) : Analyse complète et détaillée du

Les Bonnes de Jean Genet est une pièce de théâtre directement inspirée d'un fait divers terrible : en 1933, les soeurs Papin ont assassiné sauvagement leur patronne, sans motivation apparente. La pièce de Jean Genet présente énormément de similitudes avec ce fait divers, mais l'auteur insiste sur le fait que Les Bonnes n'est en rien une adaptation de ce crime.. C'est une pièce très célèbre de Jean Genet qui prend un écho très particulier à l'heure de l'affaire DSK. Elle date de 1947 et s'appelle "Les Bonnes". Comme son titre l'indique,il s'agit de. Commentaire les Bonnes: extrait 1. Le texte que nous allons étudier est la scène d'exposition de Les Bonnes écrit par Jean Genet, va être représenté la première fois en 1947. Jean Genet était un poète et dramaturge marquant du XXème siècle par sa lutte sociale.